Biographie de Richard Desjardins - Version courte

Richard Desjardins voit le jour le 16 mars 1948 à Rouyn-Noranda, petite municipalité située au coeur de la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Sa première rencontre avec la musique a lieu grâce à sa mère, laquelle l'initie au piano avant même qu'il ne commence à fréquenter l'école. Dès l'âge de 16 ans le jeune pianiste accompagne Roger, son frère aîné, qui se produit dans les boîtes à chansons de la région. Il fait ensuite partie de divers orchestres, tout en travaillant comme scripteur publicitaire à la station radiophonique Radio-Nord.

À l'âge de 27 ans il fonde, avec quatre amis musiciens, un groupe country rock du nom d'Abbittibbi, qui évolue principalement sur les scènes des hôtels du nord de l'Ontario en interprétant les chansons du hit-parade anglophone, de même que quelques pièces de langue française écrites et composées par Desjardins. Faute d'argent la galère des compères ne dure cependant que quelques mois, puis, le groupe se sépare. À l'aube de la trentaine il tourne son tout premier documentaire, avec son ami Robert Monderie, lequel porte sur l'histoire de la ville de Rouyn et ayant pour titre Comme des chiens en pacage (1977).

À la même époque Richard Desjardins déménage à Montréal, suivi peu après par ses comparses d'Abbittibbi, tant et si bien que le groupe renaît peu à peu de ses cendres. Abbittibbi ne se produit alors que sporadiquement dans les boîtes de nuit, pour n'en récolter que des cachets de misère et... d'aspirine! Qu'à cela ne tienne le groupe parvient à lancer un premier album intitulé Boom Town Café (en 1981), avant que chacun emprunte à nouveau son propre chemin.

Après la seconde rupture avec Abbittibbi Desjardins décide de faire cavalier seul et mijote un album de facture poétique et classique. L'auteur, compositeur et interprète ne brusque rien et se retrouve ainsi, quelques années plus tard, avec un florilège de nouvelles chansons qu'il prend plaisir à interpréter dans les bars, les cafés ou les petites salles de spectacles, accompagné de son piano électrique. L'album Les derniers humains est enfin lancé en 1987 et tous les exemplaires de cette première création s'envolent rapidement, si bien qu'il se remet vite à la composition de nouvelles pièces en vue d'un second album. Tu m'aimes tu est lancé en 1990 et s'écoule à quelque 154 000 exemplaires (en date du 1er janvier 2011).

L'année 1990 marque un point tournant dans sa carrière. Invité au Festival d'été de Québec en première partie du spectacle de Stephan Eicher, il subjugue la foule, qui en redemande. À la même époque le film Le Party (de Pierre Falardeau), dont il avait composé la musique, connaît un succès retentissant. Au gala de l'ADISQ 1991 ses pairs reconnaissent enfin son talent en lui remettant les Félix « Auteur-compositeur de l'année » et « Album populaire de l'année ».

Cet enviable succès trouve écho outre-Atlantique. Le programmateur du Théâtre de la Ville, à Paris, l'engage en effet dans son prestigieux théâtre et Desjardins évolue devant le tout-Paris trois soirées durant. Cette première apparition en sol français n'est que la première d'une longue série, Richard Desjardins s'offrant ensuite le Bataclan pas moins d'une douzaine de fois. À l'issue de sa tournée québécoise de 1993 il lance Richard Desjardins au Club Soda, un album enregistré devant public et comprenant plusieurs nouvelles chansons, quelques monologues, de même que certains titres datant de l'époque d'Abbittibbi.

Après avoir présenté son spectacle solo à quelque 450 reprises au Québec, en France, en Suisse et en Belgique, Desjardins effectue un retour aux sources en renouant avec ses compères d'Abbittibbi, avec qui il produit l'album Chaude était la nuit. S'ensuit une longue tournée, immortalisée avec l'album Abbittibbi live, enregistré au Vieux Clocher de Magog.

Avec son ami Robert Monderie il décide ensuite de s'attaquer au problème de la déforestation, en menant une large enquête dont les résultats seront présentés sous forme de documentaire. Le film-choc L'erreur boréale est diffusé quatre ans plus tard (en 1999), suscitant maints questionnements auprès du public et des décideurs et mettant en lumière la situation critique de la forêt québécoise. Le film se mérite le Prix Jutra « Meilleur documentaire ». Tout en consacrant temps et énergie à la réalisation de L'erreur boréale, Desjardins n'en délaisse pas moins sa carrière d'auteur, compositeur et interprète alors qu'il lance, en 1998, un troisième album solo (studio) intitulé Boom Boom.

Après deux ans de tournée il s'installe en France à demeure pour un an, période au cours de laquelle il donne régulièrement des spectacles un peu partout en province. De retour au pays en 2001 il part en tournée en région avec, comme seuls complices, sa guitare et ses mots implacables. La tournée Desjardins et sa guétard le mène dans une cinquantaine de petites villes, de même qu'il mijote pendant ce temps les chansons de Kanasuta, son quatrième album solo.

Fin septembre 2003, Kanasuta est mis en marché. Quelques mois plus tard, en février 2004, il entreprend une tournée de spectacles qui s'arrête dans plusieurs villes à travers toute la province. Peu après le début de la tournée, en mars, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) lui décerne un doctorat honoris causa ès arts. Entre deux spectacles, le nouveau « docteur » va cueillir son hommage, fier de se voir ainsi honoré dans la région qui l'a vu naître.

En octobre de cette même année, à l'initiative de Coup de coeur francophone, Richard Desjardins joint ses talents à ceux du directeur artistique et chef attitré de l'Orchestre symphonique de Trois Rivières, Gilles Bellemare, afin de mener à bien un audacieux projet visant à faire revivre, l'instant de deux représentations, certaines de ses chansons... accompagné, sur scène, par une cinquantaine de musiciens! Les 13 et 14 octobre 2004, au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal, quelques chanceux ont ainsi pu assister à l'événement Desjardins symphonique, qui fut enregistré et ensuite radiodiffusé sur les ondes d'Espace Musique.

Cette année-là l'auteur et compositeur voit son travail récompensé alors que l'ADISQ lui décerne cinq Félix, dont « Auteur et compositeur de l'année », « Spectacle de l'année (catégorie auteur-compositeur-interprète) » et « Album de l'année (catégorie populaire) », pour Kanasuta.

Mars 2005 Richard Desjardins livre Kanasuta à l'Olympia de Paris, temple parisien de la chanson. Précédé d'une surprenante campagne de presse (les quotidiens et magazines ont encensé l'album Kanasuta), ce spectacle se voulait en quelque sorte une consécration. La reprise de la chanson Quand j'aime une fois j'aime pour toujours, par Francis Cabrel, l'a certes davantage fait connaître auprès du grand public, mais Desjardins demeurait malgré tout un secret bien gardé dans l'Hexagone. Cette unique représentation à l'Olympia allait quelque peu changer la donne. « Si Léo Ferré devait avoir un héritier, ce serait lui », écrivait d'ailleurs le très critique hebdomadaire L'Humanité.

Après ce passage remarqué à l'Olympia de Paris, Richard Desjardins effectue une tournée de spectacles en France et en Suisse, avant de revenir au bercail effectuer un avant-dernier tour de piste de la tournée Kanasuta. À l'été 2005, le concert Desjardins symphonique est bellement repris au Festival d'été de Québec, avec l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) cette fois, toujours sous la houlette de Gilles Bellemare.

Le 4 octobre, au Lion d'Or de Montréal, on procède au lancement du DVD Kanasuta – Là où les diables vont danser, qui clôt en quelque sorte l'imposante tournée du même nom qui s'est déroulée pendant plus d'un an et demi et pour laquelle Desjardins a reçu les Félix « Spectacle de l'année » et « Scripteur de spectacles de l'année » (avec Patrice Desbiens) en 2004.

En 2006, Le Petit Larousse des noms propres inscrit 45 nouveaux venus au panthéon des immortels, dont... Richard Desjardins! Cette même année, la Première Chaîne de Radio-Canada présente le documentaire radiophonique Richard Desjardins : un homme libre, qui retrace l'essentiel de son parcours. Un documentaire exhaustif, rigoureux, fascinant.

À la même époque il rédige, dans Le journal de Montréal, une série de six articles comme autant de brûlots, visant à nous rappeler l'urgence d'agir pour sauvegarder notre forêt. Il brosse ainsi un état des lieux, réitérant l'importance de faire pression sur les compagnies forestières et le gouvernement afin qu'on arrête de « bûcher la forêt de nos enfants »...

L'année 2007 débute en lion pour celui que le Festival Voix d'Amériques désigne en tant qu'« Invité d'honneur » de cette 6e édition. En ouverture, le Festival présente le spectacle Richard et sa guétard, au La Tulipe, suivi d'une autre soirée au cours de laquelle Desjardins livre au public Aliénor, un monologue tout en alexandrins.

Peu après il se joint à nouveau à son ami Monderie, et les deux réalisateurs s'investissent dans le tournage d'un documentaire portant sur le peuple algonquin. Le 27 octobre 2007, après des mois de recherches, Le peuple invisible est enfin présenté. Favorablement accueilli tant par la critique que par le public, le film remporte l'année suivante (2008) le prix Jutra « Meilleur documentaire » de même que deux prix Gémeaux (« Meilleur documentaire » une fois de plus et « Meilleure musique originale – documentaire »). Comme ce fut le cas avec L'erreur boréale, Desjardins et Monderie sont fiers d'être une fois de plus parvenus à susciter réactions et discussions, à dévoiler l'injustice au plus grand nombre.

À la suite de la présentation de son plus récent documentaire et du « brasse camarade » qui s'en est suivi Richard Desjardins entame, en mars 2008, la toute dernière portion de la tournée Kanasuta, qui l'amène dans plus d'une dizaine de villes à travers le Québec.

Le concert Desjardins symphonique fait par la suite l'objet de trois représentations en France (mai) et en Suisse (juin) avec, aux commandes, un Gilles Bellemare plus fébrile que jamais à l'idée de présenter ce concert outre mer (accompagné, cette fois, d'orchestres hôtes).

L'automne 2008 s'annonce passablement occupé pour Richard Desjardins le poète et écrivain alors que sont lancés Aliénor, puis, Le vol du Colibri. La maison d'édition Lux fait d'abord paraître Aliénor, qui se veut le monologue du même nom publié sous forme d'alexandrins. Quant à la publication du livre Le vol du Colibri, édité chez Boréal, il s'agit d'un récit des plus touchants proposant une réflexion sur le caractère éphémère des ressources de notre Terre et sur l'importance de les utiliser avec parcimonie.

En décembre 2009 l'album Richard Desjardins Symphonique est lancé, un album enregistré à l'automne 2004 lors du spectacle du même nom.

À la suite de cet intermède symphonique Desjardins lance L'existoire, son premier album studio depuis Kanasuta, paru sept ans auparavant (en 2003). Lors du lancement il interprète quelques pièces pour l'occasion, en compagnie du contrebassiste Karl Surprenant et du réalisateur de l'album,Claude Fradette, qui officie au banjo. Ledit lancement a lieu en avril 2011 et moins de deux mois plus tard voilà que l'album se voit certifié Disque d'or, avec plus de 40 000 exemplaires écoulés. L'album fut consacré Album de l'année – Adulte contemporain au Gala de l'ADISQ 2012. La tournée L'existoire a eu lieu en 2012 et 2013 et le spectacle a reçu le Félix du Spectacle de l'année - Auteur-compositeur-interprète.

Parallèlement à ses activités musicales Richard Desjardins et son compère Robert Monderie
ont réalisé un documentaire sur l'industrie minière au Canada et ses implications sur les travailleurs et l'environnement. Ayant pour titre Trou Story, le film est sorti en salle le 4 novembre 2011.

En 2014, Richard Desjardins a créé un texte s'inspirant d'un conte inuit  pour le projet  EMMAC Terre Marine de l'artiste multidisciplinaire Emmanuelle Calvé. Le spectacle, narré par Desjardins, relie l'art de la marionnnette et la danse contemporaine. À l'automne de la même année, Soleil d'Espagne - Vies et poésies de Lorca offre au public une rencontre entre Richard Desjardins porteur de la parole du poète Federico Garcia Lorca, le violoniste Alexandre Da Costa et le guitariste Alexandre Éthier. Ce concert spectacle est un hommage à l'œuvre de Lorca ainsi qu'à la musique espagnole des Albeniz, Manuel de Falla, Gaspar Sanz, Pablo Sarasate.

Le 8 avril 2017, soit la veille des commémorations du centenaire de la Bataille de la crête Vimy, Desjardins sort la chanson Vimy, une composition piano-voix qui évoque les mots qu’un soldat canadien écrit à sa femme à la veille de l’assaut.

 

Texte : Dominique Nadeau (mis à jour par Éditions et productions Foukinic)

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Photo de l'en-tête: Alain Décarie, Rue Frontenac