
Biographie
L’auteur-compositeur-interprète québécois Richard Desjardins est reconnu à travers la francophonie pour la profonde qualité de sa poésie ainsi que pour l’agilité de ses compositions au piano et à la guitare qui peuvent tout autant livrer puissance que vulnérabilité.
Desjardins est à la fois héritier de Léo Ferré et de la grande tradition de la chanson française, tout comme de celle des chanteurs folk à la Bob Dylan et de leur protest songs. Grandement influencé par la musique classique de Chopin, son idole, il porte aussi, tout en contraste, le bagage de la musique country québécoise. Toujours désarmant d’authenticité, il sait se montrer à la fois désespérément romantique ou ardemment militant. Hautement cultivé mais jamais prétentieux, il peut piger pour ses textes à la fois dans les expressions du terroir de sa région natale, dans toute la richesse du Français soutenu de même que dans les influences littéraires latino-américaines.
Né en 1948 dans la ville minière de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, Richard apprend d’abord le piano classique à l’enfance avant d’explorer brièvement le rock au milieu des années 60. Âme bohème, assoiffé de voyages, de culture et de découverte, au début des années 70, il visite la Californie, l’Amérique du Sud et l’Espagne, arpentant aussi les routes du Québec et de l’Ontario. Après avoir lancé deux recueils de poésie auto-édités au début de la décennie, il commence à créer ses propres chansons. Ses compositions vivent sur scène en premier lieu avec la formation Mollomachine, à Rouyn-Noranda, qui évoluera ensuite en un groupe nommé Abbittibbi.
À partir de 1975, avec Abbittibbi, Richard Desjardins vit des années de formation dans le circuit des hôtels du Nord-Ouest québécois et du Nord-Est Ontarien. Au cours de la même période, le musicien devient documentariste (Comme des chiens en pacage, Mouche à feu). Après s’être relocalisés à Montréal en 1978, Desjardins et Abbittibbi lancent un premier album, Boomtown Café, en 1981. Le groupe cesse ses activités l’année suivante.
Maintenant seul avec sa guitare ou son piano, Desjardins explore une nouvelle formule à partir de 1984. Il fait paraître un premier album autoproduit et sociofinancé en 1988. Il s’agit du disque Les derniers humains. L’artiste y propose de la chanson à caractère philosophique. Ceux qui croisent son chemin et qui découvrent son art savent qu’il est à surveiller.
En 1989, il compose des chansons pour le film Le Party de Pierre Falardeau et y interprète le rôle d’un musicien. Il remporte aussi cet été-là un important prix au Festival d’été de Québec. Le crescendo qui mène à son émergence s’accentue.
Desjardins a 42 ans en 1990 lorsque sa carrière explose avec le dévoilement de l’album Tu m’aimes-tu, dont la chanson titre est portée par des envolées de piano grandioses et de sublimes images telles que la marquante Un paquebot géant, dans’ chambre à coucher / Je suis l’océan qui veut toucher ton pied. La pièce Le bon gars démontre ensuite que l’artiste sait aussi être comique et irrévérencieux. Sur … Et j’ai couché dans mon char, Desjardins revisite avec une brûlante nostalgie sa ville natale, pinçant au passage les cordes sensibles de tous les déracinés. Puis la douce et berçante Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours vient enlacer les âmes romantiques, trouvant un écho jusqu’en France lorsque le grand Francis Cabrel en enregistre sa propre interprétation. Tu m’aimes-tu s’écoule à plus de 150 000 copies et vaut à l’artiste trois trophées Félix au Gala de l’ADISQ de 1991.
Son disque suivant, Live au Club Soda, permet au public de découvrir une partie de son répertoire créé avec le groupe Abbittibbi, mais aussi de saisir l’ampleur du génie du poète qui sait aussi bien faire rire que réfléchir. Des pièces comme Boomtown Café, Les Fros ou Le cœur est un oiseau charment l’auditoire.
Le poète réunit alors ses amis et relance le groupe Abbittibbi le temps d’un album studio, Chaude était la nuit, d’une tournée et d’un disque live.
En ‘98, Desjardins est de retour en solo pour son album Boom Boom qui confirme le talent du musicien ainsi que l’agilité de sa plume. Le chansonnier a à peine le temps de terminer la promotion du disque que son documentaire L’Erreur boréale, réalisé avec son comparse Robert Monderie, frappe l’industrie forestière québécoise de plein fouet. Dans une même lignée militante, le duo va ensuite produire Le peuple invisible (2007) et Trou story (2011).
De retour à la chanson en 2003, Richard offre à son public le superbe album Kanasuta qui lui vaut de nombreux prix, dont ceux d’« Auteur-compositeur de l’année » et de l’« Album de l’année – Pop » au Gala de l’ADISQ 2004. Une controverse s’installe lorsque l’animateur du gala, Guy A. Lepage, insulté par l’absence de l’Abitibien, lance l’un de ses trophées dans le décor. Il devra alors expliquer qu’il n’a pas refusé l’invitation de l’ADISQ, mais qu’il était plutôt retenu en Gaspésie où il donnait une série de concerts.
2008 ramène l’artiste à la littérature. Il publie le bouquin Aliénor, écrit en alexandrins. Cette fiction historique rédigée en 2000 à la manière de la chanson de geste et lue sur scène occasionnellement est publiée chez Lux Éditeur.
Après un somptueux album symphonique lancé en 2009 sous la direction de Gilles Bellemare et enregistré devant public à Montréal, Desjardins revient avec L’Existoire, en 2011, son dernier album complet de matériel original à ce jour.
Mais il n’a pas chômé depuis. En 2014, il prête ses mots à la production EMMAC Terre marine d’Emmanuelle Calvé. L’artiste décrit ce projet comme une « cosmologie d’inspiration inuite » qui relie la danse, l’art de la marionnette et le jeu théâtral. Après avoir fait le tour du Québec, la pièce est notamment présentée au Mexique.
En 2014 et 2015, le rouynorandien présente le spectacle Soleil d’Espagne – Vies et poésies de Lorca, dans lequel il rend hommage au poète espagnol Federico García Lorca, accompagné au violon par Alexandre Da Costa et à la guitare par Alexandre Éthier.
Tu m’aimes-tu est consacrée chanson « classique » par la SOCAN en 2015.
2023 voit la parution du documentaire Chip Chip : Chopin par Desjardins, une réalisation qu’il dédie au compositeur qu’il admire depuis toujours.
À 77 ans, Richard Desjardins se fait plus rare en spectacle, mais il est loin d’avoir dit son dernier mot. En 2025, il prépare à son rythme un nouvel album ainsi qu’une suite au documentaire L’Erreur boréale.
Version moyenne
L’auteur-compositeur-interprète québécois Richard Desjardins est reconnu à travers la francophonie pour la profonde qualité de sa poésie ainsi que pour l’agilité de ses compositions au piano et à la guitare qui peuvent tout autant livrer puissance que vulnérabilité. À la fois héritier de Léo Ferré, de la chanson française, tout comme de la tradition folk nord américaine, il est grandement influencé par la musique classique de Chopin. Tout en contraste, il porte aussi le bagage de la musique country québécoise. Toujours désarmant d’authenticité, il sait se montrer à la fois romantique ou militant. Il peut piger pour ses textes à la fois dans les expressions du terroir de sa région natale, dans la richesse du Français soutenu de même que dans les influences littéraires latino-américaines.
Né en 1948 dans la ville minière de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, Richard apprend d’abord le piano classique à l’enfance. Au début de l’âge adulte, ses premières compositions vivent sur scène avec la formation Mollomachine qui évolue ensuite en un groupe nommé Abbittibbi.
À partir de 1975, avec Abbittibbi, Richard Desjardins vit des années de formation musicale dans les bars. Au cours de la même période, le musicien devient documentariste. Après s’être relocalisés à Montréal en 1978, Desjardins et Abbittibbi lancent un premier album, Boomtown Café, en 1981. Le groupe cesse ses activités l’année suivante.
Maintenant seul avec sa guitare ou son piano, Desjardins explore une nouvelle formule à partir de 1984. Il fait paraître Les derniers humains, un premier album solo autoproduit et sociofinancé, en 1988. En 1989, il compose des chansons pour le film Le Party de Pierre Falardeau et remporte aussi cet été-là un important prix au Festival d’été de Québec.
En 1990, sa carrière explose avec le dévoilement de l’album Tu m’aimes-tu. La chanson titre, portée par des envolées de piano grandioses, dévoile une vulnérabilité romantique inouïe alors que la pièce Le bon gars démontre que l’artiste sait aussi être comique et irrévérencieux. La douce Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours trouve un écho jusqu’en France lorsque le grand Francis Cabrel en enregistre sa propre interprétation. Tu m’aimes-tu s’écoule à plus de 150 000 copies et vaut à l’artiste trois trophées Félix au Gala de l’ADISQ de 1991.
Son disque suivant, Live au Club Soda, permet au public de découvrir une partie de son répertoire créé avec le groupe Abbittibbi, mais aussi de saisir l’ampleur du génie du poète qui sait aussi bien faire rire que réfléchir. Suite logique, le poète relance le groupe Abbittibbi le temps d’un album studio, Chaude était la nuit (1994), d’une tournée et d’un disque live.
En ‘98, Desjardins est de retour en solo pour son album Boom Boom qui confirme le talent du musicien ainsi que l’agilité de sa plume. Le chansonnier a à peine le temps de terminer la promotion du disque que son documentaire L’Erreur boréale, réalisé avec son comparse Robert Monderie, frappe l’industrie forestière québécoise de plein fouet. Dans une même lignée militante, le duo va ensuite produire Le peuple invisible (2007) et Trou story (2011).
De retour à la chanson en 2003, Richard offre à son public le superbe album Kanasuta qui lui vaut de nombreux prix, dont ceux d’« Auteur-compositeur de l’année » et de l’« Album de l’année – Pop » au Gala de l’ADISQ 2004. Après un somptueux album symphonique lancé en 2009, Desjardins revient avec L’Existoire, en 2011, son dernier album complet de matériel original à ce jour.
À 77 ans, Richard Desjardins se fait plus rare en spectacle, mais il est loin d’avoir dit son dernier mot. En 2025, il prépare à son rythme un nouvel album ainsi qu’une suite au documentaire L’Erreur boréale.
Version courte
Originaire de Rouyn-Noranda, l’auteur-compositeur-interprète québécois Richard Desjardins est reconnu à travers la francophonie pour la profonde qualité de sa poésie ainsi que pour l’agilité de ses compositions au piano et à la guitare qui peuvent tout autant livrer puissance que vulnérabilité. Héritier des traditions de la chanson française et du folk nord américain, il est aussi grandement influencé par la musique classique de Chopin. Toujours désarmant d’authenticité, il sait se montrer à la fois romantique et militant.
À partir de 1975, avec le groupe Abbittibbi, Desjardins vit des années de formation qui mènent à l’album Boomtown Café, en 1981.
Démarrant une carrière solo en ‘84, il fait paraître Les derniers humains en 1988.
En 1990, sa carrière explose avec le chef-d’œuvre Tu m’aimes-tu qui s’écoule à plus de 150 000 copies et vaut à l’artiste trois trophées à l’ADISQ. Son CD suivant, Live au Club Soda, démontre que le poète sait aussi bien faire rire que réfléchir.
Abbittibbi reprend du collier le temps d’un album studio, Chaude était la nuit (1994), d’une tournée et d’un disque live.
En ‘98, Desjardins est de retour en solo pour Boom Boom, rapidement suivi du documentaire L’Erreur boréale qui critique l’industrie forestière québécoise. Suivront Le peuple invisible (2007) et Trou story (2011).
Richard offre à son public le superbe album Kanasuta en 2003 qui lui vaut deux Félix. Après un somptueux disque symphonique en 2009, Desjardins revient avec L’Existoire, en 2011.